Kinshasa : une saisie record d’écailles de pangolin met à nu les réseaux du trafic faunique international

Les autorités congolaises viennent de porter un coup sévère au trafic international des espèces protégées. Une opération conjointe menée par l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN), en collaboration avec Conserv Congo et la police judiciaire du tribunal de paix de Matete, a conduit, ce mardi 27 janvier 2026, à la saisie de 1 054 kilogrammes d’écailles de pangolin ainsi que d’un crâne de lion, destinés à la commercialisation illégale à l’étranger rapporte Actualité.CD.
L’intervention, menée en plein cœur de la ville de Kinshasa, s’est soldée par l’arrestation de deux présumés trafiquants congolais, actuellement placés en détention. Les produits fauniques saisis ont été immédiatement sécurisés par les autorités judiciaires compétentes, en attendant les suites de la procédure pénale.
Cette saisie exceptionnelle rappelle l’ampleur alarmante du trafic de pangolin, aujourd’hui reconnu comme le mammifère le plus braconné et le plus trafiqué au monde. Selon les estimations des spécialistes de la faune, la quantité d’écailles interceptée correspondrait à la mise à mort d’environ 2 500 à 3 000 pangolins, chaque animal ne produisant qu’une faible quantité d’écailles. Un chiffre vertigineux, révélateur d’une criminalité environnementale structurée et profondément enracinée poursuit notre source.
Sur le plan juridique, cette activité constitue une infraction grave tant au droit national qu’aux engagements internationaux de la République démocratique du Congo. La Loi n°14/003 du 11 février 2014 relative à la conservation de la nature interdit formellement la capture, la détention, le transport et la commercialisation des espèces animales intégralement protégées, dont le pangolin et le lion. À cela s’ajoute la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES), à laquelle la RDC est partie, et qui proscrit tout commerce international de ces espèces, inscrites à l’Annexe I.
Déjà en 2019 et 2020, la RDC avait été identifiée par plusieurs rapports internationaux comme un pays à la fois source et corridor stratégique du trafic de pangolin en Afrique centrale. Aujourd’hui, les quatre espèces africaines de pangolin sont classées comme menacées d’extinction, victimes d’une pression continue exercée par le braconnage et une demande internationale persistante.
La lutte contre ce fléau se heurte à de nombreux défis structurels, notamment l’immensité des massifs forestiers difficiles à surveiller, l’implication de réseaux criminels organisés, la faiblesse des contrôles frontaliers, le manque de capacités médico-légales spécialisées, ainsi que l’insuffisance des moyens alloués aux services de répression et au suivi judiciaire.
Face à cette menace croissante, Conserv Congo réaffirme son engagement à œuvrer aux côtés des autorités nationales pour démanteler les réseaux de trafic, renforcer l’application effective des textes légaux et protéger durablement les espèces menacées d’extinction. Cette opération réussie apparaît ainsi comme un signal fort : la faune sauvage congolaise n’est pas une marchandise, mais un patrimoine commun dont la protection engage l’avenir écologique du pays et du continent.
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